Ciment McInnis: Des citoyens occupent la Caisse de dépôt et placement

Publié le 24 août 2016

Des citoyens de la région occupent présentement des bureaux de la Caisse de dépôt et placement.

©Photo gracieuseté

Des citoyens sont entrés dans les bureaux de la Caisse de dépôt et placement, à Montréal, ce matin afin d'occuper les lieux. Ils s'opposent à la décision de la Caisse et du gouvernement du Québec d'éponger une partie des dépassements de coût de 450 M$ dans la cimenterie de Port-Daniel.

« C'est insensé », affirme Pascal Bergeron de Environnement Vert Plus (EVP). Il ajoute : « Prêts et investissements confondus, la somme totale de fonds publics investis s'élève maintenant à 615 M$. C'est immense, surtout lorsqu'on se rappelle qu'on a à faire au projet industriel le plus polluant de l'histoire du Québec. »

Selon EVP, l'activité économique dans la région est un enjeu majeur et mérite une implication du gouvernement. « Or, le choix de se tourner vers des méga-projets industriels mettant en péril les écosystèmes dénote la vision passéiste du gouvernement, incapable d'imaginer une économie réellement durable. Plutôt que de répondre aux besoins de la population, c'est-à-dire de bénéficier d'une activité économique durable qui ne mettra pas en péril leur santé, le gouvernement répond aux besoins de la famille Beaudoin-Bombardier.  Ce sont des quêteux en cravates », explique le groupe écologique.

Selon EVP, ce projet de cimenterie est donc désastreux autant sur le plan écologique que sur le plan économique. Au plan écologique, le Québec investit dans un projet carburant au coke de pétrole, ce déchet industriel issu du raffinage des sables bitumineux. Aucun BAPE n’a été tenu sur la cimenterie, le gouvernement ayant voté une loi spéciale pour s’en assurer, pour ensuite improviser en lieu et place un « comité de suivi environnemental » formé de membres ne pouvant s’exprimer publiquement sur le sujet.

Sur le plan économique note le groupe, les 615 M$ en fonds publics alloués pour la création de quelques 153 emplois directs représentent quatre millions de dollars par emploi. « Selon une logique coûts-bénéfices, on aura vu mieux pour un gouvernement qui se targue d'être le champion en économie. Que ce soit clair, s'il est un champion en quelque chose, c'est celui d'être le gouvernement le plus austère envers la population, mais le plus généreux envers les grandes entreprises. Il subventionne la pollution durable et la délinquance fiscale », conclut Alexandre Brunet du Regroupement Citoyen Opposé aux Projets Industriels Insensés Payés par le Public en Gaspésie.