Le recyclage… une grande illusion ?

Publié le 13 avril 2016

Le réalisateur de Carleton-sur-Mer, Jean Guénette.

©Photo Gaspa Vidéo II inc..

Après plus de vingt ans d’efforts, le recyclage au Québec est-il un échec ? C’est la question que pose le réalisateur gaspésien Jean Guénette, dans son documentaire intitulé RECYCLAGE : LA GRANDE ILLUSION qui sera diffusé sur RDI cette semaine.

Le réalisateur démontre avec habileté, à partir de plusieurs angles, pourquoi c’est bel et bien le cas.  

À l’échelle canadienne, la performance québécoise est désastreuse. Les sites d’enfouissement demeurant beaucoup plus économiques que les centres de tri. Il n’est pas étonnant que les barons des poubelles fassent des affaires d’or grâce aux 5,4 millions de tonnes de déchets annuels.

Les bacs bleus sont mal utilisés par les citoyens : 15 % des matières déposées ne devraient pas y être. Les 24 centres de tri de la province ne traitent que 1 million de tonnes de matières par an… alors qu’on en produit près de 6 millions de tonnes.

Nous constatons qu’en matière de compostage, nous n’en sommes encore qu’aux balbutiements et que le recyclage du verre constitue davantage un problème qu’une solution, faute de stratégie cohérente. Vous pourrez voir comment San Francisco, la ville la plus verte au monde, a réussi à changer les mentalités pour bientôt atteindre le zero waste, le Zéro Déchet.

Quelques citations

Voici quelques citations très intéressantes sur l’état de la situation. Elles sont tirées du documentaire de Jean Guénette.

« Le système de la collecte sélective est le plus étendu au monde. C'est celui qu'on a au Québec. C'est le plus étendu au monde. Il y a 30% des Québécois qui ne mettent jamais un morceau dans un bac. » Marc Olivier, chimiste spécialisé en environnement et en gestion des matières dangereuses, qui enseigne à la maîtrise en environnement à l’Université de Sherbrooke.

« Le recyclage au Québec n'est même pas une obligation de par la loi. Les entreprises sont obligées de contribuer, mais le citoyen n'a aucune obligation de récupérer, ni les entreprises. » Maryse Vermette, présidente-directrice générale d’Éco-Entreprise Québec.

« Les gros sites d'enfouissement, c'est la principale concurrence à toutes les activités de récupération de recyclage au Québec. » Karel Ménard, porte-parole du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets.

« Si on n'est pas capables de se prendre en main, on va peut-être en arriver à une commission Charbonneau un jour pour les matières résiduelles. » Pierre Fillion, président de la Fédération des plastiques et alliances composites (FEPAC).

Changements climatiques

À l'heure où les changements climatiques menacent la planète, nous devons changer nos rapports avec la nature. Réduire notre consommation, réutiliser, récupérer, recycler et composter sont les actions essentielles qui assureront un avenir meilleur aux générations futures.

Est-il trop tard pour suivre l’exemple fascinant de la Californie? Ultimement, établir le bilan québécois du recyclage, c’est remettre en cause notre mode de vie. Pour en savoir plus, écoutez RECYCLAGE : LA GRANDE ILLUSION, en primeur aux Grands reportages d’ICI RDI, le jeudi 14 avril à 20 h. Rappelons que ce documentaire est une réalisation de Jean Guénette de Gaspa Vidéo II inc. situé à Carleton-sur-Mer. (A.L.)