Vous n'aimez pas les chevreuils… nourrissez-les !

Une très mauvaise habitude

Publié le 25 octobre 2015

Les cerfs de Virginie sont des bêtes magnifiques. Le spécimen au premier plan est visiblement affecté par un virus ou une maladie. L'attroupement occasionné par le nourrissage risque de favoriser la contamination de d'autres bêtes. Le maïs au sol fait partie des aliments à proscrire.

©Photo Gracieuseté – Éric Thériault, MFFP.

Vous n'aimez pas les chevreuils? Alors nourrissez-les! Michel Hénault, biologiste au Ministère des forêts, de la faune et des parcs (MFFP) est tout à fait d'accord avec cette paraphrase du titre d'un article de Louis-Gilles Francoeur paru dans <@Ri>Le Devoir<@$p> en décembre 2008 («Vous ne les aimez pas? Nourrissez-les!»).

Le problème est surtout leur nourrissage hivernal, estime le spécialiste qui fait la différence entre "nourrissage à des fins récréatives" et "appâtage en période de chasse autorisée".

« Au départ, les gens qui le font sont de bonne foi », continue-t-il. « Cependant, nourrir un animal sauvage peut avoir des impacts très négatifs, d'abord  pour la bête. On croit que la nourriture servie dans les mangeoires est bonne pour le chevreuil. J'ai déjà vu une dame se débarrasser de ses restants du temps des Fêtes de cette façon! Les gens ignorent que la nature veut que l'hiver, un cerf ait la flore intestinale appropriée pour digérer une nourriture pauvre en protéines, faite de broussailles ou de ramilles, mais pas des fruits ou des légumes.

L'été, cette même flore intestinale change: elle est alors adaptée pour la digestion de végétation verte comme les feuilles ou les jeunes pousses forestières, donc pour une nourriture beaucoup plus riche. Ainsi, donner par exemple des carottes à un chevreuil l'hiver est très néfaste à sa santé. »

Maladies ou virus

R.M. Hénault énonce ensuite certains autres impacts négatifs du nourrissage l'hiver: la concentration du nombre de chevreuils aux mangeoires favorise une détérioration de leur habitat et de celui de l'humain, comme on l'explique plus bas. Le surnombre de bêtes est en outre propice à la transmission entre elles de maladies ou de virus. Leur comportement devient aussi différent de celui qu'ils ont en forêt l'été, où on a rarement vu deux chevreuils se battre pour un arbuste à brouter.

Comme les animaux s'habituent aux mangeoires et s'y rendent en grand nombre, la quantité de nourriture deviendra insuffisante. Les bêtes jetteront alors leur dévolu sur les haies de cèdre, jardins d'hostas, pommiers, arbustes et autres ornements d'aménagement paysager payés à fort prix par un voisin qui n'est pas du tout adepte du nourrissage, mais qui en subira pourtant les coûteuses conséquences.

Il y a aussi un impact sur la sécurité routière. Les cerfs de Virginie se rapprochent des habitations, donc du réseau routier. Les risques de collisions sont bien réels. Certaines peuvent coûter la vie non seulement à l'animal, mais aussi à l'humain, conducteur ou passager.

« Rappelons-nous que c'est normal pour un cervidé d'être gras l'automne et maigre au printemps », de terminer le biologiste Michel Hénault. « Cet animal est naturellement adapté à ce cycle-là. »

Pour tout savoir sur le nourrissage artificiel des cerfs de Virginie l'hiver, consulter http://bit.ly/1Lcsa28.

« Les gens ignorent que la nature veut que l'hiver, un cerf ait la flore intestinale appropriée pour digérer une nourriture pauvre en protéines, faite de broussailles ou de ramilles, mais pas des fruits ou des légumes. »

Michel Hénault, biologiste

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Vous n'aimez pas les chevreuils… nourrissez-les !

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Publié le 25 octobre 2015

Les cerfs de Virginie sont des bêtes magnifiques. Le spécimen au premier plan est visiblement affecté par un virus ou une maladie. L'attroupement occasionné par le nourrissage risque de favoriser la contamination de d'autres bêtes. Le maïs au sol fait partie des aliments à proscrire.

©Photo Gracieuseté – Éric Thériault, MFFP.


Vous n'aimez pas les chevreuils? Alors nourrissez-les! Michel Hénault, biologiste au Ministère des forêts, de la faune et des parcs (MFFP) est tout à fait d'accord avec cette paraphrase du titre d'un article de Louis-Gilles Francoeur paru dans <@Ri>Le Devoir<@$p> en décembre 2008 («Vous ne les aimez pas? Nourrissez-les!»).

Le problème est surtout leur nourrissage hivernal, estime le spécialiste qui fait la différence entre "nourrissage à des fins récréatives" et "appâtage en période de chasse autorisée".

« Au départ, les gens qui le font sont de bonne foi », continue-t-il. « Cependant, nourrir un animal sauvage peut avoir des impacts très négatifs, d'abord  pour la bête. On croit que la nourriture servie dans les mangeoires est bonne pour le chevreuil. J'ai déjà vu une dame se débarrasser de ses restants du temps des Fêtes de cette façon! Les gens ignorent que la nature veut que l'hiver, un cerf ait la flore intestinale appropriée pour digérer une nourriture pauvre en protéines, faite de broussailles ou de ramilles, mais pas des fruits ou des légumes.

L'été, cette même flore intestinale change: elle est alors adaptée pour la digestion de végétation verte comme les feuilles ou les jeunes pousses forestières, donc pour une nourriture beaucoup plus riche. Ainsi, donner par exemple des carottes à un chevreuil l'hiver est très néfaste à sa santé. »

Maladies ou virus

R.M. Hénault énonce ensuite certains autres impacts négatifs du nourrissage l'hiver: la concentration du nombre de chevreuils aux mangeoires favorise une détérioration de leur habitat et de celui de l'humain, comme on l'explique plus bas. Le surnombre de bêtes est en outre propice à la transmission entre elles de maladies ou de virus. Leur comportement devient aussi différent de celui qu'ils ont en forêt l'été, où on a rarement vu deux chevreuils se battre pour un arbuste à brouter.

Comme les animaux s'habituent aux mangeoires et s'y rendent en grand nombre, la quantité de nourriture deviendra insuffisante. Les bêtes jetteront alors leur dévolu sur les haies de cèdre, jardins d'hostas, pommiers, arbustes et autres ornements d'aménagement paysager payés à fort prix par un voisin qui n'est pas du tout adepte du nourrissage, mais qui en subira pourtant les coûteuses conséquences.

Il y a aussi un impact sur la sécurité routière. Les cerfs de Virginie se rapprochent des habitations, donc du réseau routier. Les risques de collisions sont bien réels. Certaines peuvent coûter la vie non seulement à l'animal, mais aussi à l'humain, conducteur ou passager.

« Rappelons-nous que c'est normal pour un cervidé d'être gras l'automne et maigre au printemps », de terminer le biologiste Michel Hénault. « Cet animal est naturellement adapté à ce cycle-là. »

Pour tout savoir sur le nourrissage artificiel des cerfs de Virginie l'hiver, consulter http://bit.ly/1Lcsa28.

« Les gens ignorent que la nature veut que l'hiver, un cerf ait la flore intestinale appropriée pour digérer une nourriture pauvre en protéines, faite de broussailles ou de ramilles, mais pas des fruits ou des légumes. »

Michel Hénault, biologiste