Lettre posthume à mon ami et collègue

Lettre posthume à mon ami et collègue

Jean Lapierre

Cher Jean, Quelques semaines après notre dernière rencontre où tu me faisais part avec tant de bonheur du voyage que tu t’apprêtais à faire avec ta famille pour souligner tes 60 ans, la nouvelle est tombée.

L’invraisemblable, l’incroyable, la tristesse, la très grande tristesse.

Depuis plus de 40 ans nos chemins se croisaient. De la Gaspésie aux Iles, des Iles à Ottawa, d’Ottawa à Montréal, nous aurons toujours eu du temps l’un pour l’autre, réflexion, opinion, échanges d’information, potinage, bouffe, compagnie, amitié.

Je nous revois à Ottawa faisant nos premiers pas dans la grande famille libérale fédérale, pas qui nous  ont amenés tous les deux dans l’équipe ministérielle. Toi  au Sport (le plus jeune) et moi au Développement économique, c’était le 30 juin 1984.

Nos régions, nos origines, notre désir de servir, nous en avions fait notre raison de vivre. J’ai toujours su que les 2 acadiens que nous étions se supporteraient mutuellement autant dans les beaux que les moins beaux moments de notre carrière et notre vie.

Merci  Jean de m’avoir présenté tes Iles, merci de m’avoir accueilli et hébergé dans ta famille, merci à tes parents pour leur chaleureuse hospitalité, merci de tout cœur spécialement à ta mère qui a bien voulu faire partie de ma première équipe de bénévoles de mon association de comté.

Depuis les événements  Jean, je ne cesse  de penser combien de fois j’ai dû me rendre aux Iles, moi aussi en avion privé, dans toutes sortes de conditions atmosphériques. La fatalité a de ces raisons que la raison ne peut expliquer. Malgré la douleur qui m’afflige, je pense Jean,  que pour nous deux, les Iles resteront toujours un extraordinaire coin de pays à découvrir autant pour ses gens, ses plages, sa bouffe que pour le vent du large qui t’a emporté.

Salut mon collègue, salut Jean mon ami madelinot.

Ton ami gaspésien Rémi

(Rémi Bujold, Cascapedia-St-Jules)