Grande-Rivière : une mise en demeure de 100 000 $

Grande-Rivière : une mise en demeure de 100 000 $

La Ville de Grande-Rivière a reçu une mise en demeure de 100 000 $.

Crédit photo : Thierry Haroun

(Un texte de Thierry Haroun)La mise en demeure de Canaquaculture contre la Ville de Grande-Rivière serait de près de 100 000 $.

Un projet d’élevage de saumon de l’Atlantique de 16M$ de la firme CanAquaculture devant prendre place en 2019 à Grande-Rivière bat de l’aile depuis que cette compagnie a envoyé une mise en demeure à la Ville le 15 janvier dernier.

Nous vous rapportions récemment que le 15 février 2016, l’ancienne administration sous le maire Bernard Stevens avait donné son appui au projet par voie de résolution unanime en session extraordinaire avec, à la clé, un congé de taxes, une cession de terrain et autres avantages sous certaines conditions. Un projet, qui selon cette résolution, avait reçu l’appui de la MRC du Rocher-Percé et son Comité de maximisation économique. Or depuis, nous avons appris que la MRC n’avait pas donné son feu vert au projet et, visiblement mécontente, avait ordonné trois semaines plus tard à la Ville de Grande-Rivière de rectifier le tir dans les plus brefs délais, ce qui a été fait le 14 mars suivant, et de changer par voie de résolution que la MRC et son Comité de maximisation «approuvent la venue de Canaquaculture» par le fait qu’à la suite d’une rencontre de la MRC et de son Comité avec les promoteurs, des discussions et des informations préliminaires fournies par Canaquaculture, «il y a lieu de continuer les démarches d’implantation de ce projet aquicole dans la Ville de Grande-Rivière. Le tout en respect des lois». En clair, la MRC avait mis un frein à l’enthousiasme débridé dont avait preuve la Ville.

Arrivé au pouvoir en novembre dernier, le nouveau maire Gino Cyr et son administration rencontrent les promoteurs, un entretien qui, selon toute vraisemblance ne s’est pas terminé en justes noces, puisque le Conseil municipal a voté par la suite une résolution unanime le 11 décembre 2017 abrogeant la résolution de février 2016 au prétexte que le projet initial, en vertu de cette résolution, a été modifié. Ainsi, et comme nous le rapportions, le divorce est entendu entre les deux parties le 15 janvier dernier avec cette mise en demeure de la firme contre la Ville. Maintenant, des sources bien informées nous confirment que la mise en demeure serait de quelque 100 000$. Nous n’avons pas les détails de la mise en demeure, mais il semblerait, et selon nos informateurs, que ce montant serait lié aux frais afférents du travail accompli par les promoteurs sur place en vue de l’implantation du projet à Grande-Rivière et autres factures.

Pas de commentaires

Nous avons mis au courant la Ville et la firme que nous allions dévoiler ce montant sur la place publique et les deux parties nous ont opposé un «sans commentaire» par téléphone et par courriel. Il faut également savoir que la firme souhaite construire une pisciculture au parc industriel de la municipalité, adjacent au quai. Sauf que le terrain appartient au ministère québécois des Pêches, le MAPAQ. Pour satisfaire la firme, la Ville avait à l’époque engagé des négociations avec ce ministère pour mettre la main sur le terrain pour ensuite le transférer à Canaquaculture pour la somme symbolique de 1$ sous certaines conditions. Nous avons demandé au MAPAQ où en était-on dans ce dossier.

Par courriel, le ministère nous confirme qu’il n’a pas délivré de permis d’aquaculture en milieu terrestre relativement à ce projet. Que ce projet est toujours à l’étude et que concernant le transfert de terrain «les discussions se poursuivent avec la municipalité», sans autres précisions. Enfin, du côté de l’Agence canadienne d’inspection des aliments, on nous a référé à la Loi d’accès sur l’information relativement aux discussions et autres échanges entre Canaquaculture et l’agence fédérale. Ce que nous avons fait. Des réponses sont attendues dans les prochaines semaines.