Est-ce que les perce-oreilles seront avec nous cet été ?

Est-ce que les perce-oreilles seront avec nous cet été ?

Petit insecte un peu désagréable…

Plusieurs se souviennent encore de la vague des perce-oreilles qui a rendu la vie de bien des gens très désagréables il y a plusieurs années.

Pour en savoir un peu plus sur ces petits insectes et aussi pour savoir s’ils allaient être de retour cet été, nous avons fait appel à Stéphanie Bentz, biologiste responsable de l’éducation au Bioparc de la Gaspésie à Bonaventure.

Ils sont utiles

Malgré leur aspect redoutable, les perce-oreilles ont une utilité certaine dans la nature. Selon Mme Bentz, « les perce-oreilles sont effectivement utiles dans la nature. Comme ils mangent de petits insectes comme les pucerons, ils sont utiles dans le contrôle des insectes ravageurs. Par contre, lorsque la nourriture manque, ils peuvent s’attaquer aux plantes et arbres et devenir nuisibles. »

Elle ajoute que « les perce-oreilles sont omnivores. Ils se nourrissent de matière végétale et de petits arthropodes comme les pucerons, les araignées et les œufs d’insectes. »

Insectes nocturnes

Ces insectes sont cachés la plupart du temps puisqu’ils semblent détester la lumière. La biologiste confirme : « Comme ils n’aiment pas la lumière, ils préfèrent les endroits sombres, frais et humides comme les crevasses. Ce sont des insectes nocturnes et restent cachés durant le jour. »

Plusieurs se souviendront de la dernière infestation (le mot n’est pas assez fort) il y a cinq ou six ans et même plus. On en retrouvait partout… près de l’évier, dans les débarbouillettes et même sous les taies d’oreillers…

Quel est le cycle de ces insectes ? Mme Bentz explique que les « perce-oreilles ont un cycle d’un an. Les femelles pondent une cinquantaine d’œufs à l’automne et elles hibernent avec les œufs. Les petits sortent au printemps et passent par plusieurs stades avant de devenir adultes, soit après un mois. Les perce-oreilles du Québec pondent qu’une seule fois par année. »

Alors, que faire avec ces insectes ? Les contrôler, les détruire avec des produits chimiques, de l’alcool… Il faut savoir que chacun de ces moyens a ses avantages et ses inconvénients. Mais la biologiste offre de meilleures solutions.

« Comme ils peuvent être utiles, je suggère de les contrôler plutôt que les exterminer complètement. Voici un lien vers un site canadien donnant plusieurs trucs pour les deux cas. http://www.canadiensensante.gc.ca/product-safety-securite-produits/pest-control-products-produits-antiparasitaires/pesticides/tips-conseils/earwig-perces-fra.php . »

Et cette année…

Est-ce que nous aurons une infestation cette année ? « Les populations de perce-oreilles varient en fonction de la température, mais aussi du sol dans lequel ils se trouvent. Plus les hivers sont chauds, mieux les perce-oreilles survivent. Alors, il est possible, ce n’est pas une science exacte, qu’il y aura beaucoup de perce-oreilles cette année. Mais plusieurs facteurs sont à considérer, comme la disponibilité en nourriture, en cachette et aussi la qualité du sol. Les trucs donnés dans le lien plus haut sont utiles pour diminuer les perce-oreilles près de nos maisons », conclut Mme Stéphanie Bentz, Biologiste responsable de l’éducation au Bioparc de la Gaspésie.

Quels dommages peuvent-ils causer?

Bien qu’ils se nourrissent surtout de matière organique en décomposition, les perce-oreilles agrémentent leur menu de pousses tendres, de feuilles et de fleurs de plantes florales et de légumes, mais aussi, en tant que carnivores, de larves d’insectes, d’œufs de limaces, de pucerons et d’autres ravageurs des jardins. Ils sont même cannibales à l’occasion. Durant la journée, les perce-oreilles se réfugient dans des endroits frais, sombres et humides, notamment sous les pierres, parmi les déchets de jardin, dans les pieds tubulaires des meubles de jardin, dans les clôtures en bois ainsi que dans les portes en aluminium creuses. À la tombée du jour, ils quittent leur cachette pour se nourrir. Les perce-oreilles rampent sur le sol ou escaladent les maisons, les clôtures et les arbres. Ils commencent à s’aventurer dans les habitations à partir du mois de juin ou de juillet. Bien que leur présence à l’intérieur des maisons soit accidentelle, découvrir un perce-oreille dans les aliments, les vêtements et, parfois, entre les draps d’un lit n’est jamais agréable…