Dossier CanAquaculture : Grande-Rivière est mise en demeure

Dossier CanAquaculture : Grande-Rivière est mise en demeure

L’ex-maire de Grande-Rivière, M. Bernard Stevens, est très déçu de la décision du conseil de ville.

Crédit photo : Thierry Haroun

(Un texte de Thierry Haroun) Rien ne va plus entre la Ville de Grande-Rivière et la firme CanAquaculture alors que les deux parties ne se parlent qu’entre procureurs interposés depuis l’envoi d’une mise en demeure qui pèse comme une chape de plomb sur la nouvelle administration.

Un projet d’élevage de saumon atlantique de 16M$ de la firme CanAquaculture dans sa première phase devant prendre place dans le parc industriel de Grande-Rivière prend l’eau depuis que cette compagnie a envoyé une mise en demeure à la Ville le 15 janvier dernier.

Dans les faits, le 15 février 2016, l’ancienne administration sous le maire Bernard Stevens donne son appui au projet par voie de résolution unanime en session extraordinaire avec à clé un congé de taxes, une cession de terrain et autres avantages sous certaines conditions.

Un projet alors appuyé par la MRC du Rocher-Percé et son Comité de maximisation économique. Arrivé au pouvoir en novembre dernier, le nouveau maire Gino Cyr et son administration rencontrent les promoteurs, laquelle visiblement ne s’est pas terminée en bons termes puisque le conseil municipal a voté par la suite une résolution unanime le 11 décembre 2017 abrogeant la résolution de février 2016 au prétexte que le projet initial, en vertu de cette résolution, a été modifié, lit-on.

Le divorce est entendu le 15 janvier dernier avec cette mise en demeure de la firme confirme le maire Gino Cyr qui demeure prudent dans ses propos. « Étant donné qu’il y a un processus juridique qui est entamé, moi je m’en tiens à ça, je vais commenter à la fin du processus. »

Canaquaculture devait s’installer dans le parc industriel derrière l’épicerie IGA à Grande-Rivière.

Un camouflet envers l’administration Stevens

L’ex-maire Bernard Stevens voit l’abrogation de la résolution de son administration en février 2016 comme un camouflet de la part de l’actuelle administration du maire Cyr.

« Je suis déçu, amèrement déçu monsieur. C’est un manque flagrant de respect envers l’ancienne administration municipale. Nous avons travaillé fort pendant deux ans pour sa réalisation. »

M. Stevens rappelle à quel point ce projet serait mobilisateur pour sa communauté et ne perd pas espoir pour autant en demandant par la même occasion aux citoyens de faire pression sur le conseil municipal pour qu’il revienne sur sa décision.

« Je ne comprends pas qu’un tel projet ait été mis de côté, c’est l’avenir économique de Grande-Rivière ce projet. » CanAquaculture s’est refusé à tout commentaire pour le moment. Le ministère québécois des Pêches et de l’Alimentation n’a pas cru bon non plus répondre à notre demande d’entrevue avant d’aller sous presse.