David Suzuki et les autochtones pour le développement durable

David Suzuki et les autochtones pour le développement durable

David Suzuki.

La conférence donnée par David Suzuki (docteur en zoologie et génétique) vendredi dernier, veille de la St-Jean-Baptiste, à la salle de spectacle de New Richmond, fit son effet sur l’auditoire.

Bien que la plupart de ce public spécifique commence à être familier avec la crise écologique mondiale de notre époque et certaines données alarmantes sur lesquelles l’environnementaliste canadien s’est d’abord appuyé pour la suite de son discours, peu s’attendaient à ce que l’importance des cultures autochtones soit ensuite autant mises à l’honneur pour ce qui a trait aux solutions à développer. Ce fût très instructif pour tout le monde et plusieurs sont sortis avec un bagage enrichi à partager.

Après un bilan sur la situation de la croissance exponentielle de la population mondiale et de ses conséquences planétaires, le Dr. Suzuki aborde le sujet des Elders et de la richesse que représente l’expérience de leur vie et la validité scientifique de leurs connaissances.

L’orateur de 81 ans, conscient de la réalité moderne des cultures autochtones, étouffées par les politiques colonialistes, insiste sur la responsabilité qui incombe aux aînés de « sortir des Golfcourts, laisser la télé et d’aller vers les jeunes pour transmettre leur précieux savoir », dont générations futures ont besoin.

Ensuite arrive la partie qui laissera bouche bée une grande partie du public. À travers l’anecdote de sa discussion d’« homme-à-homme » avec le PDG (président-directeur général) d’une grande firme de déforestation (dont l’anonymat est respecté), le biologiste du BC cible ce qu’il considère comme les deux failles de notre système économique : la croissance continue (qui ressemble en tout point à un comportement cancéreux) et l’attribution de la valeur ultime à l’argent.

Selon lui, les besoins principaux de l’homme sont de respirer, de boire, de manger et de s’abriter. Ceux-ci se traduisent dans la mythologie autochtone par les quatre éléments sacrés à protéger : L’air, l’eau, la terre et le feu.

Ce culte n’a donc rien d’ésotérique, contrairement aux préjugés populaires et trouve une utilité on ne peut plus pratique pour la survie de notre espèce (et des autres). En comparaison, c’est le jargon traitant l’« économie » ou le « marché » comme un dragon tout-puissant à satisfaire qui relève plutôt du mythe.

À propos du MMS : Le Mi’gmawei Mawiomi Secretariat est une institution gouvernementale dont la juridiction s’étend sur l’ensemble du 7e district Mi‘gmaq, tel que délimité par les sociétés traditionnelles. Il veut développer et faire valoir l’expertise ancestrale des premières nations quant à la gestion saine du territoire, de ses ressources et de sa protection pour tous les habitants, autochtones et non-autochtones.

Léo Ouellet

Maria