La croissance économique de la Gaspésie restera moins rapide qu’au Québec

(Un texte de Jean-Philippe Thibault) Desjardins a récemment déposé son étude économique annuelle à propos de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.

Dans son analyse, l’institution financière note que la croissance économique est en décélération depuis le début de l’année 2017 et que cette croissance restera moins rapide en 2018 dans la région que dans l’ensemble du Québec. En moyenne, en 2017 et 2018, la croissance économique devrait atteindre en moyenne 2,3 % contre 3,2 % à l’échelle de la province.

Desjardins explique que les perspectives modestes pour 2018 s’expliquent en grande partie par la fin de la construction de la cimenterie de Port-Daniel et des projets éoliens, qui ont généré dans leur sillage plus de 2 milliards de dollars d’investissements et des centaines d’emplois au cours des dernières années. « À la suite de l’achèvement de tels projets d’envergure, il est normal de voir les différents indicateurs économiques revenir à des niveaux plus soutenables », note l’institution dans son étude.

Démographie, habitation, investissements et retraites

Selon les prévisions, basées notamment sur les chiffres de l’Institut de la statistique du Québec, la décroissance de la population devrait se faire sentir au moins jusqu’en 2021 en Gaspésie, mais à un rythme moins élevé que par le passé grâce à la migration.

Dans le marché de l’habitation, la croissance du prix de vente moyen est soutenue depuis janvier 2017 (+8,7 % de janvier à septembre contre +4,3 % au Québec). La région est ainsi en voie d’enregistrer sa plus forte hausse du prix de vente moyen depuis 2008. Une progression plus modeste est cependant prévue pour 2018.

Les investissements publics et privés devraient quant à eux être de l’ordre de 355,7 M$ en 2017 et une légère hausse est prévue pour 2018. Enfin, le recrutement de la main-d’œuvre sera un enjeu à surveiller, notamment pour combler les nombreuses retraites d’une population vieillissante. Les départs à la retraite représenteront d’ailleurs 91,3 % des postes à remplacer entre 2015 et 2019.