Gaétan Lelièvre demande au premier ministre Couillard d’intervenir

Rail gaspésien


Publié le 18 avril 2017

Le député Gaétan Lelièvre demande l'intervention rapide de Philippe Couillard dans le dossier du train en Gaspésie.

©Photo TC Media - Archives

Devant les hésitations du ministre régional dans le dossier du train, le député Gaétan Lelièvre demande l’intervention de Philippe Couillard.

Le député Lelièvre déplore les nombreuses tergiversations du gouvernement dans le dossier du rail gaspésien propriété du ministère des Transports du Québec.

« Dans le cas de LM WindPower de Gaspé, c’est près de 500 emplois qui dépendent du chemin de fer. 500 emplois à Gaspé, avec ses 20 000 habitants, c’est l’équivalent de 50 000 dans la région métropolitaine avec les 2 millions d’habitants. Est-ce qu’on laisserait planer le doute sur 50 000 emplois à Montréal? Poser la question c’est y répondre. »

Gaétan Lelièvre

Il soutient que « la valse des déclarations ministérielles contradictoires, le mutisme de l’actuel ministre des Transports et le manque de leadership du ministre responsable de la région Sébastien Proulx dans ce dossier ne sont plus tolérables. Tout ça nuit au développement de la Gaspésie. »

Les Gaspésiens ont payé

Rappelons que depuis 2014, les budgets annuels d’entretien routier octroyés à la région par le MTQ sont passés de 84M$ à 56M$ en 2017. Le total des coupures que le gouvernement libéral a fait dans l’entretien et le développement du réseau routier gaspésien depuis son arrivée au pouvoir est de l’ordre de 118M$.

« Assez c’est assez, lance Gaétan Lelièvre. Chiffres à l’appui, au cours des 4 dernières années, les Gaspésiens ont payé le coût de la réhabilitation du chemin de fer entre Matapédia et Gaspé strictement avec les coupures du budget d’entretien du réseau routier gaspésien. Le gouvernement du Québec a tous les éléments nécessaires pour officialiser immédiatement sa décision en regard de l’avenir du chemin de fer gaspésien. C’est sa responsabilité en tant qu’État accompagnateur des régions dans leur développement, mais également à titre de propriétaire de cette infrastructure », a affirmé le député de Gaspé.

Tous solidaires

Les élus municipaux et leaders socioéconomiques de l’ensemble de la région souhaitent le retour du transport des marchandises et des personnes sur l’ensemble du tronçon Matapédia-Gaspé le plus tôt possible. Toutefois, devant les contraintes budgétaires imposées par le gouvernement du Québec, ils ont priorisé le train de marchandises pour soutenir l’économie de la région. Ce scénario a également reçu l’appui d’organisations nationales tel que le Conseil du Patronat, la Fédération des Chambres de Commerce et Manufacturiers et Exportateurs du Québec.

« Le consensus à ce jour est clair. La pression sur les élus municipaux, leaders régionaux et les entreprises manufacturières gaspésiennes a assez duré », dit encore le député de Gaspé.

Précisons que des récentes études de firmes spécialisées pour la réhabilitation complète du rail démontrent que les coûts de réhabilitation seraient selon AECOM de 122 M$ (2016) et 86 M$ selon Canarail (2016).

Tergiversations gouvernementales

Mars 2015 : lors du rachat du rail par Transport Québec, l’ex-ministre des Transports Robert Poéti a affirmé que la relance du rail gaspésien passerait par le train de marchandises et la garantie de clients majeurs sur l’ensemble du tronçon (conditions atteintes à ce jour). Il s’engage également à remettre en opération les deux extrémités Est et Ouest du tronçon incluant le train touristique l’Amiral.

Mars 2016 : Le ministre délégué aux Affaires maritimes, Jean D’Amour, désigne le port de Gaspé comme zone industrialo-portuaire. Statut qui nécessite pourtant l’accès au chemin de fer via l’intermodalité des moyens de transport (p.35 de la Stratégie Maritime).

Avril 2016 : Lors de sa première visite en région, le ministre régional affirme que « le dossier du train est prioritaire et suivi de près par son bureau ». Pourtant, lorsqu’interrogé au sujet du train lors de l’interpellation du gouvernement sur la région Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine le 7 avril 2017, le ministre régional a rejeté la balle à son collègue Laurent Lessard, ministre des Transports en affirmant qu’il « est aussi en attente du ministère des Transports que vous l’êtes».

Août 2016 : Le ministre des Finances Carlos Leitao affirme que son gouvernement rendra le rail sécuritaire lorsque la cimenterie McInnis en aura besoin. Il affirme également que la survie d’entreprises gaspésiennes repose sur le transport ferroviaire. Pourtant, la veille du dépôt de son budget 2017-2018, le ministre des Finances Carlos Leitao déclare que « le train n’est pas essentiel au développement des entreprises gaspésiennes ».

Décembre 2016 : L’Assemblée nationale adopte à l’unanimité une motion du député de Gaspé afin que le gouvernement réponde positivement à la demande des acteurs politiques et économiques de la Gaspésie et s’engage à remettre en fonction le train de marchandises sur l’entièreté du tronçon entre Matapédia et Gaspé.

Mars - Avril 2017: Le ministre régional Sébastien Proulx martèle que le gouvernement hésite à investir en raison d’un manque de consensus en région, et ce malgré le positionnement unanime de tous les acteurs municipaux et socioéconomiques de la région depuis le mois d’octobre 2016.