Alors que s’achèvent les vacances de la construction, nombreux sont ceux qui ont pris d’assaut les routes de la Gaspésie pour faire le tour de la péninsule et profiter des nombreux attraits et point de vue qui se profilent sur 885 kilomètres.

Évidemment, les voyageurs croiseront sur leur passage plusieurs paysages à couper le souffle et des points de villégiature exceptionnels. Mais en ouvrant bien l’œil, ils pourront aussi découvrir plusieurs œuvres d’art originales, des bâtiments particuliers ou tout simplement des éléments du décor qui piquent la curiosité. Loin d’être une liste exhaustive, nous vous en présentons une dizaine qui peuvent être aperçus en circulant sur la route 132 ou en entrant plus avant dans certains villages.

Les tours de guet

Le voyageur curieux remarquera sur son passage à Sainte-Flavie deux drôles de bâtiments tout en hauteur, à l’Est et à l’Ouest du village. Il s’agit d’anciennes tours de guet érigées à proximité du fleuve, sur la route de la Mer (132) durant la Seconde Guerre mondiale. Elles font partie des 74 bâtiments nécessaires à la 9e école de bombardement et de tir construite à Mont-Joli durant le conflit mondial. Les tours, dont une troisième est située dans le secteur de Grand-Métis, permettaient aux officiers de surveiller les exercices de vol et de tir faits au-dessus du fleuve Saint-Laurent par les aviateurs en formation. « Elles servaient aussi à faciliter le repérage lors de ces exercices. Des équipes de sauvetage placées près des tours étaient prêtes à intervenir en cas d’accident », peut-on lire dans le Répertoire du patrimoine culturel du Québec. Elles ont bien sûr perdu leur utilité depuis belle lurette et servent aujourd’hui de résidence ou de chalet. La tour de guet Ouest a été citée patrimoniale en 2009.

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La chaise du géant

Une curiosité incontournable lorsqu’on sillonne la route 132 est cette chaise de plage géante située à Grand-Métis, à l’entrée des célèbres Jardins de Métis. Cette chaise a été conçue par NIP Paysage en 2005 pour le Festival international de jardins. D’ailleurs, tout le concept architectural de jardin entourant cette chaise Adirondack surdimensionnée a été présenté lors d’un autre événement, soit le Canada Blooms, où il a remporté le premier prix. Depuis ce temps, la chaise trône à l’entrée des Jardins de Métis où de nombreux voyageurs s’amusent à s’y arrêter pour se faire « réduire de taille » le temps d’une photo.

Moby Dick?

Située à l’entrée Est de la Ville de Matane, sur la route 132, un bâtiment ayant la forme d’une baleine abrite la boutique souvenir du Camping Parc Sirois. Depuis plus de 50 ans, cette emblématique réplique de mammifère marin fait partie intégrante du paysage matanais. Le terrain de camping adjacent accueille plusieurs touristes (de juin à octobre) en plus d’attirer de nombreux curieux désirant se faire photographier en compagnie de la fameuse « baleine de Matane ».

Bâteau fantôme

La sculpture de bateau qui trône dans le parc de Grosses-Roches s’inscrit parfaitement dans l’esprit de cet article puisqu’il a justement été créé pour attirer l’œil de passants. En 2007, la municipalité a fait appel à Daniel Desaulniers, alias Zo, afin de concevoir une sculpture qui inciterait les gens à ralentir lorsqu’ils passent par le village. « Il n’y a pas beaucoup d’attraits à Grosses-Roches alors je voulais présenter une signature pour l’endroit, explique l’artiste. Puisqu’il y a beaucoup de bois de mer dans le coin, je suis parti d’un arbre courbé pour produire une espèce de carcasse de bateau qui a fait naufrage. » L’objectif est visiblement atteint puisque les auteurs de ces lignes ont inclut le bateau parmi sa liste des curiosités.

Barbies grandeur nature

Ce n’est pas tous les jours qu’on peut serrer la pince à une Barbie qui fait près de 6 pieds de haut. C’est pourtant ce que certains s’amusent à faire à Sainte-Anne-des-Monts, où deux Barbies géantes et leurs chevaux sont placés sur le terrain privé du couple de Gérard Rioux et Rose Lacombe, sur la 1ère avenue. C’est l’amour des chevaux de Mme Lacombe qui est à l’origine de cette représentation grandeur nature. D’ailleurs, les gens remarqueront que les Barbies sont habillées différemment selon la saison. « Les Barbies, ça donne quelque chose d’agréable à regarder pour les hommes et les chevaux, ça plaît aux dames », rigole M. Rioux. Cette curiosité a aussi inspiré bien des gens dont le candidat à la chefferie du PQ, Jean-François Lisée, qui a récemment pris des clichés en leur compagnie. Les mannequins sont aussi en vedette sur la photo officielle de la chanson K.L.I.T. du groupe Okapi.

La Gargouille

Si vous vous braquez sur le fleuve, il y a des bonnes chances que vous manquiez la Gargouille de Rivière-à-Claude, un petit village situé le long d’une crique sur le côté nord de la Gaspésie, entre Mont-Saint-Pierre et Marsoui. Cette sculpture de Claude Rioux a même sa propre page web, où l’on explique qu’elle est le gardien et le protecteur des trésors de l’artiste depuis maintenant 23 ans. Le sculpteur explique que la Gargouille est l’objet de nombreux curieux de partout dans le monde qui s’arrêtent pour la prendre  en photo et qu’elle est devenue une ambassadrice de la région. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle attire l’attention et marque l’imaginaire des passants.

Excalibur

À l’entrée du hameau de Manche-d’Épée se retrouve depuis peu un monument à l’effigie d’un … manche d’épée. Cette œuvre de Stéphane Béland a été commandée pour le 150e anniversaire. Selon les échos du village, le fondateur de l’endroit, le postillon René Pelchat, est celui qui aurait aperçu ce qui ressemblait à un manche d’épée, sur le pointe Est du ruisseau qui porte maintenant le nom du lieu, alors qu’il effectuait la distribution du courrier. Le hameau de Manche-d’Épée appartient à la petite municipalité de Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine.

L’Homme-panache

Officiellement, cette sculpture se nomme « Gespeg Tia’m », mais plusieurs la surnomment tout simplement « L’Homme-panache », pour des raisons assez évidentes. Cette création est l’œuvre de Jean-Robert Drouillard et est installée sur le site Berceau du Canada, à Gaspé. Vous devrez donc dévier quelque peu de la route 132 pour l’apercevoir, mais le bronze et tout le site en général en valent le détour. Une petite polémique avait suivi son installation en septembre 2014 alors que certains ont critiqué ce choix artistique qui sort de l’ordinaire (n’est-ce pas là le propre de l’art?). Aujourd’hui, la sculpture fait partie intégrante du décor et donne assurément à ce lieu une touche particulière.

Comme Jonas

Que dire de cette installation, sinon qu’il s’agit d’une halte routière en forme de gigantesque poisson où les vacanciers s’arrêtent volontiers pour prendre leur repas sur l’une des tables à pique-nique, installées « dans » le poisson? Vous ne pourrez pas le manquer en allant à Sainte-Thérèse-de-Gaspé.

Parchemin de mer

Arrivés à Paspébiac, une sculpture monumentale annonce la triple vocation du site de l’Espace culturel. L’œuvre de Marcel Ritchie, baptisée Parchemin de mer, offre une double perspective à ceux qui la regardent. Vue de côté, elle présente l’apparence d’une vague, alors que vue de face elle révèle un parchemin partiellement roulé. Dans ce Parchemin de mer est inscrite toute l’importance de la Baie-des-Chaleurs pour les habitants de la région.

La vague symbolise, par le mouvement perpétuel qu’elle suggère, la continuité dans le temps. Le parchemin, quant à lui, représente le caractère patrimonial du site de l’Espace culturel alors que les bateaux-origami illustrent les différentes fonctions du site (la Maison du Tourisme, l’Espace culturel et la Maison des Citoyens.

*Textes et photos en collaboration avec Dominique Fortier, Sonia Lévesque, Joël Charest et Frédéric Durand.