Train touristique: Gaétan Lelièvre fustige le ministre Poëti

Dominique Fortier snm.redaction@tc.tc Publié le 22 septembre 2015

Le député de Gaspé, Gaétan Lelièvre avait convié les élus des MRC Rocher-Percé et Côte-de-Gaspé, les chambres de commerce, la SADC, l'Office du Tourisme ainsi qu'Escale Gaspésie afin de faire un front commun sur le dossier du rail gaspésien.

©Photo TC Media - Dominique Fortier

Le député de Gaspé Gaétan Lelièvre n'y est pas allé de main morte pour répondre au ministre des Transports Robert Poëti qui remet en question la rentabilité du train touristique L'Amiral.

En entrevue à Radio-Gaspésie il y a quelques jours, le ministre Poëti avait refusé de s'engager à investir les sommes nécessaires pour la réfection du pont Haldimand qui permettrait au train touristique d'être fonctionnel même s'il s'y était engagé lors du rachat du rail. « Il y a d'abord une question de sécurité puis jusqu'à maintenant, les quelques sorties qui ont été faites ont entraîné un déficit de 200 000 $. Les gens qui rêvent à ce train comme levier économique devront me prouver par un plan d'affaires que celui-ci peut être rentable. »

Le député de Gaspé répond au ministre des Transports en affirmant qu'on ne peut pas se fier à quelques sorties de rodage. « Avant de relancer un service, on teste d'abord le produit et c'est ce qui a été fait pour le train. Ce n'était pas dans un but lucratif. On voulait recueillir l'opinion des gens. De plus, on a inclus des dépenses de remplacement d'équipement dans le budget alors c'est clair que le portrait n'est pas fidèle. »

Gaétan Lelièvre explique qu'une sortie en train rapporte grossièrement 10 000 $. « À 15 ou 20 voyages par année, on parle de 150 000 $ de revenus. Ce que je ressens de la part du ministère des Transports, c'est qu'il vampirise le dossier du train depuis le début. Il tente d'en faire un enjeu politique en gonflant les coûts liés à son opération et sa réfection jusqu'à ce qu'il devienne ingérable. »

La région a été volée

« Lorsque le ministère des Transports a racheté les rails à 10 % de sa valeur, il a volé la région. Il devient propriétaire d'un rail dans lequel il n'a aucune envie d'investir. » Rappelons que la Société du chemin de fer de la Gaspésie (SCFG) échappé à la faillite lorsque le ministère des Transports s'était porté acquéreur des 320 km de rails. « Le problème avec ce scénario est que Transports Québec a été celui qui a coupé les vives à la SCFG alors que les travaux étaient déjà enclenchés sur le pont Haldimand. Ce manque de liquidité a précipité la Société de chemin de fer dans une situation financière encore plus précaire. »

Gaétan Lelièvre se questionne aussi sur les véritables motifs du ministère de Transports. « Pourquoi couper les subventions à la SCFG pour revenir en sauveur quelques mois plus tard? Pourquoi ne pas faire confiance aux gens sur place pour gérer ce dossier? Si le ministre des Transports remet en question la réfection du rail, faut-il comprendre qu'il entend également délaisser les trains de marchandises et l'éventuel retour de VIA Rail? »

Le député de Gaspé évoque notamment une époque où Québec louait une locomotive à 250 000 $ par année alors que la Société de chemin de fer avait repris les choses en mains en achetant une locomotive à 150 000 $ sauvant ainsi une somme considérable.

Gaétan Lelièvre demande maintenant au gouvernement d'honorer son engagement de remettre le train sur les rails. « Robert Poëti ne connaît rien à la réalité gaspésienne ni au milieu touristique et utilise un ton méprisant pour s'adresser à nous. Qu'il redonne ce dossier à sa collègue Dominique Vien au Tourisme. Il serait aussi grandement temps que notre ministre régional, Jean D'Amour refasse surface et s'occupe de sa région. »

« Lorsque le ministère des Transports a racheté les rails à 10 % de sa valeur, il a volé la région. Il devient propriétaire d'un rail dans lequel il n'a aucune envie d'investir. »

Gaétan Lelièvre

En manchette

Pénurie de main-d'oeuvre en tourisme en vue

Par Thierry Haroun - Si la tendance se maintient, la pénurie de main-d'oeuvre dans le secteur touristique en Gaspésie pourrait s'accentuer et causer bien des tracas pour les acteurs intéressés. Un enjeu que prend très au sérieux Tourisme Gaspésie.

Train touristique: Gaétan Lelièvre fustige le ministre Poëti

Dominique Fortier snm.redaction@tc.tc Publié le 22 septembre 2015

Le député de Gaspé, Gaétan Lelièvre avait convié les élus des MRC Rocher-Percé et Côte-de-Gaspé, les chambres de commerce, la SADC, l'Office du Tourisme ainsi qu'Escale Gaspésie afin de faire un front commun sur le dossier du rail gaspésien.

©Photo TC Media - Dominique Fortier


Le député de Gaspé Gaétan Lelièvre n'y est pas allé de main morte pour répondre au ministre des Transports Robert Poëti qui remet en question la rentabilité du train touristique L'Amiral.

En entrevue à Radio-Gaspésie il y a quelques jours, le ministre Poëti avait refusé de s'engager à investir les sommes nécessaires pour la réfection du pont Haldimand qui permettrait au train touristique d'être fonctionnel même s'il s'y était engagé lors du rachat du rail. « Il y a d'abord une question de sécurité puis jusqu'à maintenant, les quelques sorties qui ont été faites ont entraîné un déficit de 200 000 $. Les gens qui rêvent à ce train comme levier économique devront me prouver par un plan d'affaires que celui-ci peut être rentable. »

Le député de Gaspé répond au ministre des Transports en affirmant qu'on ne peut pas se fier à quelques sorties de rodage. « Avant de relancer un service, on teste d'abord le produit et c'est ce qui a été fait pour le train. Ce n'était pas dans un but lucratif. On voulait recueillir l'opinion des gens. De plus, on a inclus des dépenses de remplacement d'équipement dans le budget alors c'est clair que le portrait n'est pas fidèle. »

Gaétan Lelièvre explique qu'une sortie en train rapporte grossièrement 10 000 $. « À 15 ou 20 voyages par année, on parle de 150 000 $ de revenus. Ce que je ressens de la part du ministère des Transports, c'est qu'il vampirise le dossier du train depuis le début. Il tente d'en faire un enjeu politique en gonflant les coûts liés à son opération et sa réfection jusqu'à ce qu'il devienne ingérable. »

La région a été volée

« Lorsque le ministère des Transports a racheté les rails à 10 % de sa valeur, il a volé la région. Il devient propriétaire d'un rail dans lequel il n'a aucune envie d'investir. » Rappelons que la Société du chemin de fer de la Gaspésie (SCFG) échappé à la faillite lorsque le ministère des Transports s'était porté acquéreur des 320 km de rails. « Le problème avec ce scénario est que Transports Québec a été celui qui a coupé les vives à la SCFG alors que les travaux étaient déjà enclenchés sur le pont Haldimand. Ce manque de liquidité a précipité la Société de chemin de fer dans une situation financière encore plus précaire. »

Gaétan Lelièvre se questionne aussi sur les véritables motifs du ministère de Transports. « Pourquoi couper les subventions à la SCFG pour revenir en sauveur quelques mois plus tard? Pourquoi ne pas faire confiance aux gens sur place pour gérer ce dossier? Si le ministre des Transports remet en question la réfection du rail, faut-il comprendre qu'il entend également délaisser les trains de marchandises et l'éventuel retour de VIA Rail? »

Le député de Gaspé évoque notamment une époque où Québec louait une locomotive à 250 000 $ par année alors que la Société de chemin de fer avait repris les choses en mains en achetant une locomotive à 150 000 $ sauvant ainsi une somme considérable.

Gaétan Lelièvre demande maintenant au gouvernement d'honorer son engagement de remettre le train sur les rails. « Robert Poëti ne connaît rien à la réalité gaspésienne ni au milieu touristique et utilise un ton méprisant pour s'adresser à nous. Qu'il redonne ce dossier à sa collègue Dominique Vien au Tourisme. Il serait aussi grandement temps que notre ministre régional, Jean D'Amour refasse surface et s'occupe de sa région. »

« Lorsque le ministère des Transports a racheté les rails à 10 % de sa valeur, il a volé la région. Il devient propriétaire d'un rail dans lequel il n'a aucune envie d'investir. »

Gaétan Lelièvre