Santé: silence imposé aux gestionnaires intermédiaires en Gaspésie

Publié le 17 décembre 2015

Yves Bolduc, le président de l’Association des gestionnaires des établissements de santé et services sociaux.

© Photo Gracieuseté

(Par Thierry Haroun) Au même titre qu'ailleurs au Québec, semble-t-il que les gestionnaires intermédiaires de la Gaspésie soient également soumis à la loi du silence issue de la réforme du ministre Gaétan Barrette dans le secteur de la santé. C'est du moins ce que laisse entendre le président de l’Association des gestionnaires des établissements de santé et services sociaux, Yves Bolduc.

« À partir du moment où un gestionnaire se lève et dit que ça n’a pas de bon sens, il va se faire tasser. Personne n’ose parler. Et ceux qui ont osé — il y en a eu —, ils se sont fait hara-kiri » a-t-il récemment déclaré au Devoir. TC Média l'a joint pour savoir si de telles situations se passent aussi en Gaspésie. « En effet, j'ai eu des communications avec certaines personnes de la Gaspésie selon lesquelles si les gestionnaires intermédiaires qui sont sur le plancher osent parler, ils doivent s'attendre à être rencontrés. Ils se font dire de se taire. Et je vous dirais même, que dans certains cas, on remet en question leur assignation ou leur dotation de postes même.»

  Si tel est vraiment le cas, c'est grave? « Oui, tout à fait! Je suis convaincu que les directions n'ont pas le choix de suivre les directives ministérielles avec le ministre de la Santé qu'on a et qui a décidé de s'ingérer dans la microgestion (dans les établissements). » Il indique par ailleurs que les gens qu'ils représentent, tels que les gestionnaires du secteur infirmier, ergothérapeutes, psychologues et inhalothérapeutes, entre autres, sont témoins de la réforme Barrette qui est en cours, mais qu'ils n'ont pas « un mot à dire. C'est impossible pour eux de dire ce qu'ils pensent à l'heure où l'on se parle. »

Message aux Gaspésiens

Yves Bolduc tient à dire aux gestionnaires intermédiaires de la Gaspésie de dénoncer toute situation qui les force au silence. « Je suis leur représentant et je suis prêt à porter leur message. Je le ferai fièrement parce que ce sont des gens qui sont dédiés à leur travail et qui vivent des frustrations épouvantables au quotidien. Ne serait-ce que par le départ de leurs collègues qui tombent au combat pour des raisons de maladie ou de burn-out en raison du fardeau du réseau de la santé qui doivent supporter. »